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Historique succinct de la Légion Etrangère en 1914-1918.
Nos anciens lors de cette guerre n'ont pas souvent vécu plus d'une semaine à la file sans sortir de la tranchée. La Légion fut de toutes les offensives, de tous les coups d'éclat, sans jamais s'enliser trop longtemps dans la garde au parapet. Considérée comme une unité d'élite elle fut transportée sans cesse d'un bout du front à l'autre, partout où l'on avait décidé de percer. Elle ramena de ce sacrifice le drapeau le plus décoré de FRANCE et plus de gloire que n'en eut jamais autre troupe au monde. Dès le début des hostilités, des milliers d'étrangers vivant en France se présentent à nos bureaux de recrutement, désireux de se battre aux côtés de notre pays. Tchèques, Américains, Polonais, Grecs, Suisses, Espagnols, cinquante nationalités différentes demandent à rejoindre nos rangs. Ils rejoingnent MAILLY où ils sont amalgamés avec les détachements de légionnaires des 1° et 2° Etrangers venus de SIDI-BEL-ABBES. Les nationaux des pays ennemis ont été exclus, ils continuent de servir la France en Afrique.
Le 2° de marche du 1° Etranger commence la guerre en CHAMPAGNE, le chef de corps est le Colonel PEIN surnommé, depuis le Sud Oranais, le "Conquérant des oasis". Le Lieutenant-Colonel COT lui succède et commande lors de la bataille d'ARTOIS. Au mois de Mai 1915 la Légion est près d'ARRAS; le 9, le 2° régiment de marche du 1° Etranger est en première ligne de la 1° Brigade de la 3° division Marocaine. A 10 heures l'assaut est donné, 4 kilomètres à franchir avant d'atteindre la cote 140... Beaucoup tombent, les survivants avancent, l'aumônier de la Légion, l'abbé GAS absout blessés et mourants, Français et Allemands. Au bout d'une heure et demie d'efforts la cote 140 est atteinte. Dans son élan la Légion poursuit et atteint VIMY, la percée du front est réalisée, mais les renforts promis qui doivent poursuivre n'arrivent pas... Ce résultat vaut au régiment une citation à l'ordre de l'armée, la légende de de la Légion, dans cette guerre, est en marche. Au total le 2° de marche du 1° Etranger aura perdu lors de la bataille d'ARTOIS 71 Officiers et 2513 Sous-Officiers et Légionnaires.
 
Du régiment il ne reste que 2 petits bataillons que l'on confie au seul chef de bataillon resté debout, le Commandant COLLET. On se bat jusqu'au 18 Juin puis ce qu'il reste du régiment est envoyé à MONTBELIARD puis en ALSACE où il se reforme en absorbant les débris du 3° de marche du 1° Etranger dissous. Quelques mois plus tard nous sommes en CHAMPAGNE, dans le cadre d'une nouvelle offensive qui est déclenchée le 25 Septembre. L'assaut est donné sous une pluie battante, les positions allemandes, malgré une préparation d'artillerie de 3 jours, sont intactes. Les mitrailleuses fauchent littéralement la première vague. (Le front fait 25 kilomètres de large...) Le 28 la Légion entre en action avec comme objectif une ferme en ruine, la ferme de NAVARIN, à côté de la butte de SOUAIN. La ferme est entourée de barbelés, intacts, et les mitrailleuses protégées par des cassemates n'ont pas été détruites. Il faut attaquer de face, aucune manoeuvre n'est possible. Les bataillons se ruent à l'assaut dans la boue. Cinq assauts sont donnés pour forcer le succès. Les effectifs des deux régiments de la Légion ont fondu,il reste à peine assez d'hommes pour reconstituer le RMLE aux ordres du Lieutenant-Colonel COT. Le RMLE hérite de la réputation acquise par ses devanciers et est reconnu comme une unité de choc exeptionnelle. Le drapeau du 2° de marche du 1° Etranger, décoré de 2 palmes, est confié au RMLE, la palme du 2° de marche du 2°Etranger est accrochée au drapeau. Juillet 1916 le RMLE est sur la SOMME à BELLOY en SANTERRE. A 17 heures les légionnaires des 9° et 11° compagnies du 3° bataillon se mettent en place devant ASSEVILLIERS. L'objectif est le village de BELLOY. L'assaut est donné au son du clairon, en une minute toute la ligne d'attaque est couchée à terre. Tous les officiers du Bataillon tombent, la 11° compagnie est commandée par un caporal... La deuxième vague atteint l'objectif, ce jour là, Alan SEEGER, poète américain, légionnaire, blessé, chanta une partie de la nuit des refrains populaires français pour ses frères d'armes blessés. Il mourut au petit matin. Dans cette bataille de la SOMME 11 000 Français et légionnaires furent tués ainsi que 100 000 Anglais. La guerre se poursuit . Avril 1917 le RMLE est à nouveau en CHAMPAGNE, il conquiert AUBERIVE après 3 jours de combat et la tranchée Bethmann-Hollweg. La Légion a pénétré de 3 kilomètres dans les lignes allemandes et conquis 7 kilomètres de tranchées ennemies. Le Lieutenant-Colonel DURIEZ, Chef de Corps, est tué au combat. Le RMLE est relevé, ses pertes sont nombreuses, il va se reformer dans la Marne. Le 30 Mai 1917 il est confié au Lieutenant-Colonel ROLLET, il a 42 ans, est considéré comme un guerrier exceptionnel et est surnommé par ses hommes "premier légionnaire de France". Le 14 Juillet 1917 une revue a lieu à Paris le drapeau du RMLE est le premier drapeau à recevoir la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire des mains du président de la république Raymond POINCARE. Aout 1917 la Légion est sur la MEUSE, elle repart au combat, elle progresse derrière un barrage roulant, c'est à dire un tir de front qui accompagne les unités en les couvrant à une petite distance en avant. Le 20 Aout les tirs de l'artillerie ne s'allongent pas assez rapidement, la Légion atteint ses objectifs avec rapidité , il est 10 heures du matin. Le Lieutenant-Colonel ROLLET décide d'exploiter pour empêcher l'ennemi de se ressaisir et , sans ordre, il lance ses Légionnaires vers d'autres objectifs. Le lendemain les Légionnaires ont fait 680 prisonniers, dont 20 officiers, se sont emparés d'un bon nombre de canons et d'une foule de mitrailleuses. Le Lieutenant-Colonel ROLLET est blessé au bras et à la jambe. Lorsque le Q.G. de la division, dont les Légionnaires ont bousculé les prévisions, demande la position du régiment, ROLLET fait répondre: "On avait fixé à la Légion des objectifs trop rapprochés. Elle s'en est assigné d'autres." Le 27 Septembre 1917, le général PETAIN accroche à la hampe du drapeau de la Légion la croix de la Légion d'Honneur. Le 3 Novembre suivant il reçoit la fourragère rouge, spécialement créée à son intention. Le 8 Janvier 1918 le régiment est à nouveau au combat et manifeste encore sa valeur malgré l'utilisation par l'ennemi de gaz ypérite. Il gagne une nouvelle citation. 25 Avril, après avoir roulé en camion toute la nuit le RMLE est engagé près de SAINT QUENTIN dans le secteur Britannique ou le front a été percé par les Allemands qui foncent vers AMIENS. La grosse Bertha tire sur Paris. Le Régiment doit reprendre le bois de HANGARD en SANTERRE, quelques tancks anglais soutiennent l'attaque du RMLE, l'avance est coûteuse à cause des mitrailleuses. Les officiers du 1°Bataillon sont tous fauchés, les officiers du 3°Bataillon tombent tous eux aussi. 833 sous-officiers et légionnaires sont hors de combat. Quelques éléments atteignent l'objectif. La 11°Compagnie du 3°Bataillon s'y installe et tient, elle rejette toutes les contre-attaques, la route d'AMIENS est barrée à l'ennemi. Ce sacrifice est récompensé par une septième citation.
Le RMLE connait quelque repos dans la région d'ERMENONVILLE mais le 27 Mai 1918 les Allemands reprennent l'offensive, ils attaquent au Chemin des Dames et atteignent la Marne le 30 Mai.
Durant cette marche vers Paris des troupes allemandes, la Légion s'illustre à La Montagne de Paris, Champ-Lieu, Saint Pierre Aigle, Ambleny, Saint-Bandry.

Le 12 Juin 1918 la bataille prend fin, l'offensive allemande est arrêtée.
La Légion est installée dans la forêt de Villers-Coterêts
pour un bref repos.

Dans la nuit du 17 au 18 Juillet elle repasse à l'offensive avec la 10°Armée. Elle progresse avec les chars comme toute l'armée française de l'Aisne à la Marne.
Le 21 Juillet le régiment est relevé, il a perdu 780 Officiers, Sous-Officiers et Légionnaires...Il gagne sa huitième citation.
Après le succès français les Allemands se replient sur la ligne HINDENBURG qui est un réseau de fortifications puissantes s'étendant de l'ESCAUT à la SOMME et à l'OISE.
Ces lignes de défense sont préparées de longue date avec un matériel considérable et des installations solides comprenant des galeries bétonnées souterraines...
Treize jours de combat ininterrompus ou la Légion donne encore une fois sa pleine mesure entrainant la rupture de la ligne HINDENBURG.
Le 1° Septembre 1918 elle relève les Américains qui ont vu leur assaut repoussé et reviennent épuisés.
Le 2 Septembre la Légion se bat encore, Terny-Sorny, Sorny, Neuville-sur-Margival et le tunnel de Vauxaillon puis le plateau de Laffaux.
Les effectifs des compagnies tombent à cinquante combattants
...on se bat sans discontinuer depuis 13 jours.

Le 14 Septembre appuyé par un bataillon russe et un bataillon malgache ce qui reste des bataillons de la Légion attaque encore et percent.
Pendant cette dernière bataille les pertes du RMLE sont de 275 tués (dont 10 Officiers) et plus de 1000 blessés.La moitié du régiment a été touché.
En Octobre le régiment panse ses blessures et se reconstitue, le 26 il remonte en ligne pour participer à une nouvelle offensive dont l'objectif est METZ.
Mais le 11 Novembre les clairons font entendre la sonnerie -presque oubliée- du "cessez le feu".
Le 17 le RMLE pénètre en LORRAINE, l'accueil est délirant notamment à CHATEAU-SALINS qui retrouve la FRANCE après 47 ans.

Bientôt un décret confère la Médaille Militaire, la distinction suprême des généraux, au drapeau de la Légion.

Durant les 52 mois de guerre 42883 volontaires (dont 36604 étrangers et 6239 français) sont passés dans les rangs de la Légion.


En Novembre 1914 la Légion comprenait 8000 hommes, elle s'est ensuite maintenue autour de 2800 hommes.

Son effectif a été dépensé trois fois.

La Légion était considérée comme une troupe d'élite dont l'habileté à la manœuvre égalait le courage, ce qui lui a évité des pertes supérieures.

Le 1° Décembre la Légion pénètre en ALLEMAGNE
et prend la garde du Rhin à HORNBACH et FRANKENTHAL, elle a été mise par le commandement à une place d'honneur, en récompense de ses exploits.


Ceci est l'histoire de nos Anciens lors du premier conflit mondial, d'autres ont suivi l'exemple sans se poser de questions, 1939-1945, INDOCHINE, ALGERIE, et bien d'autres théâtres plus proches de nous, toujours pour la FRANCE.